La neige qui tombe.
WRAAAAAAAAAAAAAAH! Mais c'est impossible!!!
Si on est pour en avoir plus de 600 centimètres, ça pourrait au moins commencer plus tard et tomber tout d'un coup, non? Je suggère même entre le 1er décembre et le 1er janvier, tiens!
Mais je dois vous avouer que je me suis laissée prendre au jeu du ha-mais-c'est-ti-pas-cute-des-tits-flocons-tout-moelleux-tout-doux-qui-tombent et du ha-mais-c'est-ti-pas-romantique-chéri-viens-on-va-aller-prendre-une-marche, jusqu'à ce qu'effectivement, je sorte dehors pour me rendre compte que c'était humide, dégueulasse, que ça allait être comme ça jusqu'au 28 avril et mes souliers étaient déjà détrempés. Bref, gros fun...blanc et mouillé.
En fait, la neige, c'est vraiment une joie temporaire. On la sent arriver, on sacre à l'avance, mais quand on voit les premiers flocons, eh oui, on trouve ça mignon. On se dit qu'on va essayer d'apprécier l'hiver cette année, avec tout ce qu'il nous offre de précieux (les sports d'hiver et ensuite?). Bref, on a de la volonté, suffit de s'y mettre.
Personellement, je déteste au plus haut point tout ce qui se rapporte à la conduite automobile l'hiver. Par contre, j'aime particulièrement le ski (de fond et alpin), la raquette, la randonnée et les chalets qui sentent le sapin. J'adore les journées où il fait autour de -5 degrés Celsius et que le soleil plombe plus fort qu'en été.
Puis, je sais très bien que ce n'est pas tellement la température qui nous fait aimer ou pas une saison. Alors je sens que cet hiver, 600 centimètres ou pas, sera doux :)
Mais le moment de la première bordée n'est pas celui que je redoutais. Loin de là.
Je me suis fait... comment dire? Le terme édenter serait un peu trop évocateur. Je me suis fait charcuter! C'est bien le terme. Par une parodontiste! (Avouez que ça sonne maniaque!)
Donc, après des mois de souffrance contrebalancée par la peur de souffrir encore plus, je me décide à appeler chez la spécialiste que j'avais déjà consultée pour mes gencives (ma gencive descendait dangereusement en-dessous d'une de mes dents du bas, en avant). C'était la fin de semaine, donc, pas de réponse. Je me dis que je suis encore correcte pour une couple de semaines à pouvoir me préparer mentalement. Non pas que j'aie une peur bleue des dentistes et autres spécialistes du domaines, loin de là : j'ai porté des broches pendant plus de 18 mois et me suis fait extraire les 4 dents de sagesse d'un coup. Alors, amenez-en du dentiste...
Sauf que, surprise! On m'appelle le lundi pour me dire qu'une place s'est libérée le lendemain, 10 heures. Parfait que je pense, comme son bureau est situé à Sainte-Foy, je vais pouvoir partir directement pour Thetford Mines ensuite. Je me lève en pleine forme, mes bagages sont prêts et je démarre. En chemin, je me mets à passer ma langue sur mon absence de gencive. Et ça fait mal. Et je repense à ce qu'elle m'a expliqué qu'elle allait faire de ma bouche. Et ça fait peur.
J'arrive et m'annonce à l'accueil. J'attends juste assez longtemps pour lire un passage assez dégoûtant de 5150, rue des Ormes de Patrick Sénécal. Mmm, du bon sang frais. Bring it on.
-Mademoiselle Mercier-Tardif?
Mademoiselle? Mais ces gens ne peuvent qu'être délicats!
Je la suis en l'écoutant se présenter. Arrivées au bout du long, de l'interminable corridor couleur tan, elle me fait asseoir dans la pièce où le massacre se déroulera. Je ne fais que fixer la fille qui vient de se faire cockslapper par une boule de crème glacée trop froide sur un dépliant en face de moi. Et je m'accroche à cette vision comique pendant que la dentiste m'explique que je devrai suivre une diète molle (BEURK! c'est don ben dégueu dit comme ça!) et me mettre une poche de thé mouillée en guise de compresse si ça saigne toujours après 48 heures. Rassurante.
La parodontiste arrive enfin, me serre la main, et m'explique qu'elle va débuter par nettoyer ma dent. Tranquille.
On me tend des lunettes en plastique qui protègent en réalité le ¾ de ma figure. Est-ce que les instruments sont si dangereux que ça? Est-ce que le sang giclera de ma pauvre dent meurtrie à un point tel que j'en serai couverte?
Quand à elle, la parodontiste porte les mêmes lunettes, agrémentées de loupes-microscopes qui lui donnent un air savant fou futuriste. Étrange et pas très réconfortant. Je veux ma maman et de la soupe Lipton.
Donc, elle m'étire la lèvre inférieure pour me passer un Q-Tip imbibé de gel gelant (!) sur la gencive inférieure et dans le palais, en haut, à gauche. C'est drôle et ça goûte bon.
C'est ici que bon prend relâche pour céder sa place à désagréable.
La parodontiste me pique avec une seringue dont l'aiguille doit bien mesurer 3 pouces. Ça pince mais ça passe. Nous sommes au dernier étage de l'édifice, il pleut à boire debout dehors, c'est gris et sombre dehors comme en dedans, je ne ressens plus rien du tout. L'effet anesthésiant de la réalité.
Et voilà donc que le fameux "nettoyage" commence. Il est effectué avec tant de douceur que même la dentiste est là pour éponger tout le sang qui dégouline de ma gencive et dont je goûte toute l'amertume. Heureusement, je ne ressens rien du tout. Ce qui fait que je vois, goûte et sens 10 fois mieux.
Ce que je vois m'horripile.
Des bouts de chair ou de je-ne-sais-trop-quoi sur ma bavette bleu, du sang en quantité industrielle qui devrait, par souci d'autrui, être redistribué à Héma-Québec, une odeur âcre qui flotte dans le bureau exigü et le fer chaud et liquide qui coule dans ma gorge.
Nettoyage terminé avec succès.
Passons aux choses sérieuses.
La parodontiste m'ordonne de me pencher la tête vers l'arrière et d'ouvrir bien grand. Ça y est. Elle pointe son scalpel et fait des dessins imaginaires sur mon palais. Et passe à l'attaque.
AYOOOOOOOOOOOOOOOOYE.
Je ne sens rien, c'est vrai. Mais la dentiste se retourne et appuie directement sur le trou béat pour y appliquer une pression qui cesserait le JET DE SANG QUI EXPLOSE DE MON PALAIS!
Maintenant que la parodontiste tient le précieux bout de palais BEUUUUUUUUURK qui couvrira ma gencive descendue, ELLE LE POSE SUR MA BAVETTE BLEUE! PUTAIN, qui nom de Dieu qui a besoin de voir une telle abomination? Je me sens incapable de respirer, j'ai un doigt enfoncé jusqu'à la 3e phalange dans le gosier, un morceau de mon palais ensanglanté gît sur une bavette bleue et je vois le reflet de toute cette scène grotesque dans les lunettes affreusement épeurantes de la parodontiste folle!
Je reprends mon sang froid. On doit me faire des points de suture dans le palais, je vais donc avoir plus d'un doigt enfoncé dans la bouche. Je respire calmement, ça va mieux. Je me rends compte que la parodontiste est assez experte en ce qui a trait à la couture, mais bordel, fallait-il vraiment qu'elle utilise du gros fil noir comme ça? On m'avait recousue avec du fil désintégrable et transparent lors de l'extraction de mes dents de sagesse, pourtant.
Bref, la parodontiste place avec précision le bout de palais mou sur ma gencive de devant et y va encore de ses talents d'aiguilleuse. C'est fascinant à voir, comment elle enroule le fil pour tourner et ensuite le replacer, mais... toujours aussi horripilant.
Ça aura pris 35 minutes.
Et je peux vous dire que les parodontistes sont payés cher la minute.
Je rentre chez nous avec une carte Visa, une gencive et un palais souffrants.
J'ai eu de la difficulté à conduire, ça tournait et j'avais la bouche enflée comme jamais.
Plus tard dans la journée, le téléphone sonne. On s'informe de ma greffe. Comme je viens pour répondre, ma bouche se remplit d'un quelconque liquide mais, vu que je suis encore gelée, je ne comprends pas sur le coup que c'est du sang. Quatre bons crachats, DE SANG! Beurk.
Et la dentiste qui m'avait affirmé que cette greffe-là, c'était de la petite bière comparativement à l'extraction de quatre dents de sagesse.
Si je pouvais rire, 48 heures après, dites-vous bien que je le ferais.
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