Mon pays est en guerre. Le vôtre aussi. Le Canada est en guerre!
Pourquoi ce fait m'effleure l'esprit? Parce que ses raisons sont en train de fuir à toute vitesse tout ce qui s'apparente à ma définition de logique.
De plus, je côtoie depuis peu une personne d'origine libanaise, qui m'a juré ne jamais vouloir accorder son vote au PCC. Pas de mélodrame, pas de liste de parenté disparue. Juste un regard vers la gauche, vers un passé souffrant qui criait un désir de se fermer les yeux à jamais sur l'effroi malheureusement trop visible.
Je ne comprends pas la guerre. En fait, non, ce serait mentir que de clamer ne pas comprendre la notion de "guerre", tout comme celle de "paix". De l'abstrait auquel je peux identifier d'autres mots.
"Paix" me parle beaucoup plus, probablement parce que je n'ai jamais expérimenté l'insécurité civile que j'attribue au phénomène de la guerre.
"Argent" est un concept, moins négatif bien entendu, qui a beaucoup de points communs avec "guerre" dans ma compréhension de l'existence contemporaine. Je comprends les motifs fondamentaux et les raisons historiques, mais c'est comme si je pouvais toujours trouver une défaite, un autre pourquoi pour que jamais ne se termine la discussion, pour avoir le dernier mot.
Imaginez un instant que le troc soit toujours en vogue. Finies les discussions autour de la mondialisation : les échanges commerciaux ne connaissent aucune frontière.
N'ayez crainte, je ne suis quand même pas réactionnaire au point de prôner le retour en force de "tes 15 poulets contre mon boeuf". N'empêche que cette façon de fonctionner me semblerait plus, disons, au service des gens que le contraire. Plus personnalisée, comme si on y avait mis un peu du sien. Tout le contraire de l'argent d'après moi. Impersonnel, il fait le tour de tout le pays et ne nous appartient jamais totalement, puisqu'il peut perdre toute sa valeur du jour au lendemain.
Je croyais ne rien comprendre à l'économie parce que mes oreilles se bouchent quasi-automatiquement dès qu'on prononce le mot dividende, intérêt ou tout autre se rattachant à ce lexique blasant. Néanmoins, après avoir fait mon premier travail de traduction version commerciale, je me suis rendue compte que j'assimilais plutôt bien le vocabulaire et même, les idées s'y rattachant.
Mais je mets tout ça sur le dos de l'hérédité.
Mes grands-parents ont tous, sans exception, été entrepreneurs à un moment ou l'autre de leur vie. Ma mère est travailleuse autonome dans le domaine des finances et a déjà possédé une entreprise, mon père gère son propre commerce et ma soeur fait dans le marketing. J'ai peut-être, moi aussi, une sorte de fibre entrepreneuriale. Ou je peux encore dire que je suis différente de tous les autres parce que je suis la seule de la famille à avoir les yeux bleus, et m'en sauver assez dignement.
Tout compte fait, je crois voir l'argent seulement comme un service qu'on me rend. Je travaille parce que j'aime bien mon travail, mais dans l'attente d'en avoir un vrai que je suis censée adorer (sinon j'étudierai toute ma vie). Tant que j'en ai besoin, il y en aura.
Utopiste? Certainement.
La guerre? Connais pas.
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