mercredi 17 juin 2009

Est-ce qu'on va vraiment vivre 100 ans?

Dites-moi le tout de suite, que je m'attelle pour réfléchir sérieusement à la question.

1h30 du matin l'autre soir, 3 filles au Tim Horton's (sobres ou presque, croyez-moi, c'est bien de le préciser). En disant de la marde comme à peu près tout le temps avec ces collègues-là, je me mets à déraper sur l'espérance de vie qui n'arrête juste plus d'augmenter. Ça devait ressembler à quelque chose du genre :

- Imaginez-vous qu'on va encore travailler là pendant 1 an pour payer notre diplôme, pis après ça on va décrocher un emploi payant qu'on aime pas tant que ça parce qu'on va être trop lâches ou trop pauvres pour retourner aux études, pis finalement à cause de l'hostie d'espérance de vie de marde qui finit juste pu de finir, ben on va être pognées pour prendre notre retraite rien qu'à 75 ans... J'vas tu pouvoir mourir en paix un jour?!

Je tiens à souligner encore que c'était du "disage de marde" et que je ne suis pas toujours aussi négative que ça. On a donc ri en malade toutes les trois après cette chire orale, mais une de nous a repris son sérieux pour me dire :

- Mais dans le fond, t'as raison. La vie, c'est ça. On se fait chier toute notre vie à payer une hypothèque pis on meurt.

J'ai pris une gorgée de tisane à la menthe qui est définitivement mal passée, et j'ai effacé ce commentaire de mon disque dur, question de ne pas avoir à y penser.

Mais c'est une vraie plaie cette question, parce que j'y songe sans arrêt depuis hier!

Dans un sens, elle a frappé dans le mille. On travaille fort toute notre vie, on traverse des épreuves pour... quoi? Dans un jeu vidéo, on sait qu'il existe une autre étape encore plus stimulante qu'on va franchir en travaillant fort. Le hic ici, c'est que l'animation interactive s'appelle la vie et est constituée de pas mal plus d'inconnu que de connu, d'après moi.

Et je ne parle même pas ici de laisser une trace de notre passage. Bien sûr, on fait une différence dans la vie de ceux qui nos entourent, mais pour combien de temps? Et ne sommes-nous tous pas remplaçables aux yeux des autres (il serait bien prétentieux d'affirmer le contraire) ?

Ma seule option de compréhension réside maintenant dans l'apprentissage. Divers, sous toutes ses formes en fait. La connaissance, de nous-mêmes, des autres, de la matière. Il s'agit encore une fois de travail, mental surtout, car on force pour étudier, pour travailler sur soi-même et pour comprendre les autres. Mais cette facette de la vie humaine me pousse à croire que nous ne sommes pas ici pour rien. Si nous ne mettons pas notre savoir à profit, faute de créativité ou d'ambition, nous pouvons toujours le transmettre, ou du moins, en tirer une certaine fierté.

Je me demande si je suis dans la minorité qui, de un, réfléchit sérieusement à cette question sans impliquer la foi et qui, de deux, pense de cette façon. C'est peut-être en fait parce que j'aime apprendre, et que ce défi constitue une expérience, une façon d'évoluer.

Vous, qu'est-ce que vous feriez de 100 ans sur Terre?