mercredi 15 octobre 2008

Espoirs civils et volatiles

Ça y est.
Minoritaire, mais ça y est quand même.
Les conservateurs retrouvent le pouvoir, sans trop d'obstacles sur leur chemin.
C'était à prévoir. J'aurai néanmoins fait mon gros possible pour éviter qu'on envoie des pré-adolescents en prison, qu'on banisse à jamais le projet de loi sur la décriminalisation de la marijuana, que Kyoto reste un mot étranger et inintelligible et surtout, qu'on dilapide des milliards et, plus important, des vies, des esprits, des pères se faire massacrer pour, concrètement, absolument rien.
Du moins, j'ai appris hier lors d'une panne d'autobus
*Le 387 est, sans aucune raison apparente, tombé en panne hier sur Robert-Bourasse, juste après la sortie très traître de l'autoroute 440. On a attendu près d'une heure qu'un autre vienne nous chercher sous la pluie battante. Résultat : je me suis mise à jaser avec une fille d'à peu près mon âge qui s'était assise à côté drepe moi. S'applique ici le même principe que celui de la réunion de groupes sanguins similaires (dont je n'ai compris les explications que quand la pratique est venue ;) : on s'est mises à parler de tout et de rien, de nos programmes, de mon nouveau et de son quartier natal, etc. Bref, j'ai su*
que Josée Verner avait quand même accompli quelque chose lors de son premier mandat dans notre comté. Je suis un peu moins déçue d'elle, mais j'ai hâte de voir pour son chef.
Passons.
Je suis aujourd'hui allée chercher ma lettre d'acceptation de l'Universität des Saarlandes. Elle m'attendait, sur une étagère du Bureau International de l'Université Laval, depuis environ deux mois. J'attendais une date précise, pour être certaine de l'avoir en main au moment voulu. J'ai hésité avant de comprendre pourquoi je voulais y aller, et c'est pour cette raison que j'ai reporté mon départ. Parce que oui, en ce moment, j'aurais déjà un mois de bagage germanophone dans le cerveau. Malheureusement, ou heureusement dans certaines occasions et peut-être bien celle-ci, je suis une investigatrice pure et dure qui cherche le pourquoi du pourquoi. Et pourquoi je voulais aller en Allemagne un an? La connaissance de la langue, de la culture, et d'un peuple que j'admire bien sûr. L'expérience de vie que j'aurais acquise après mon séjour. Mais en-dehors de toutes ces raisons assez rationelles, est-ce que je ne cherchais pas autre chose? Au départ, j'y allais pour prolonger en quelque sorte mon voyage de 2007, durant lequel j'ai visité 15 pays d'Europe. J'y allais également dans l'espoir de revoir des endroits que j'avais appréciés et des personnes qui m'avaient promis être là. Mais ces personnes sont parties, et les endroits y resteront ad vitam eternam. Est-ce que j'avais quelque chose à prouver? Peut-être qu'en partant un an, je me prouvais encore capable d'être seule et d'affronter par moi-même tout ce à quoi je serais exposée. Par contre, après deux séjours de trois mois, dont un passée à peu près seule (du moins mentalement), je réalise que si j'ai encore quelque chose à prouver, ce n'est certainement pas à moi-même. Est-ce que je voulais fuir quelque chose, ou quelqu'un? Peut-être. Mais ma vie a considérablement changé depuis un an, ma façon de voir les choses et les autres également. Les ennemis, aussi bien que les amis, sont partout. Nos démons, aussi bien que nos bonheurs, nous suivent et se découvrent là où l'on décide.
Si bien qu'après toutes ces réflexions, en ce 15 octobre (non, je ne l'écris pas sur Facebook, mais ici pour toi ;), je suis prête à lever l'ancre une autre fois pour un périple nouveau que je souhaite aussi enrichissant que les précédents.

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