mardi 23 décembre 2008

Ça faisait un bout

..que je n'avais pas écrit quelques lignes sur ce blogue.
Autant m'y mettre tout de suite, pendant que c'est tranquille au travail :) (J'adore l'hôtellerie!)
Un petit update de 2008, et que ça saute!
Tant qu'à avoir déjà mentionné mon travail, je vais débuter par le côté professionel. J'adore l'endroit et surtout la gang avec qui je travaille. Je prends de l'expérience et peux pratiquer ems 4 langues; c'est fantastique! De plus, on a des beaux partys des Fêtes :) J'ai, la plupart du temps, un horaire de rêve (souvent 7-15 vendredi, samedi et dimanche), ce qui me change du sempiternel 15-23 que je faisais cette été. Bien que cet horaire m'aura permis de festoyer à souhait avec ma meilleure amie qui avait à peu près la même vie que moi cet été, je n'ai pas eu l'impression de profiter assez du beau temps, quand beau temps il y avait. Avec mon déménagement et beaucoup d'autres changements majeurs qui ont pris place, je n'ai pas vu passer l'été. Mais bon, tant pis. Je ne la vois toujours pas passer, avec le travail et l'université, mais au moins les belles journées que je risque de passer à l'intérieur sont froides.
Je ne m'ennuie pas tant de la vie de délurée que j'ai menée cet été. C'était vraiment trippant, faire la tournée des bars avec sa meilleure amie qui plus est hyper-divertissante et un brin alcoolique ;) Mais là je crois bien que mon trip tire à sa fin. Je dis pas que je ne sortirai pas une fois par semaine à l'avenir, mais pas plus, sinon je me connais trop bien et sais que je n'aurai pas le fun escompté. À mettre sur ma liste de résolutions ça? Je crois bien que si.
Résolutions, hum... J'en aurais sûrement une couple d'autres à tenir. Numéro un : probablement la cigarette, au grand plaisir de toute ma famille et de mon amoureux. À chaque fois que je pense arrêter définitivement, une envie puissante me submerge, dans les 24 heures suivant la décision fatidique, d'aller me procurer un damné paquet au plus sacrant. Wrahhhh. Effectivement, je n'aurais JA-MAIS dû commencer à fumer. J'imagine que d'autres suivront après mûre réflexion.
Ensuite, j'ai définitivement mis sur la glace un projet que je caressais depuis longtemps : partir étudier un an à l'extérieur. De préférence très loin. Cependant, il faut noter le choix du verbe utilisé ici : mettre sur la glace ne signifie pas abandonner. Ce projet me trottera toujours dans la tête je crois. J'ai découvert récemment ce que je savais sûrement depuis un bout : je n'ai pas, pour l'instant, le goût d'être ailleurs qu'ici, à Québec. Bien que plusieurs voient sûrement ma décision comme un sacrifice, je pense bien vivre avec. Anyway, dans un an et demi, je pars à Ottawa, avec quelqu'un ou pas, et c'est un contrat non-négociable.
Ottawa, ville que j'ai découverte avec ma bonne amie Claudine (dont je m'ennuie bou-hou :(, et que j'adore! J'ai hâte d'y faire ma maîtrise en interprétariat de conférence pour traduire les propos quelques fois peu crédibles de nos chers politiciens au Parlement. Cependant, il me faut les notes pour y accéder (une moyenne de B dans mon bacc en traduction). À noter pour la liste des résolutions : me concentrer plus sur mes études. Grrr.
J'ai une petite anecdote pour conclure cet article. Le 11 décembre dernier, je m'en vais, toute peinard, à l'Université en auto pour aller chercher un travail, porter un livre à la bibliothèque et m'entraîner. J'accomplis mes deux premières tâches, ma Tercedez (hihi) stationnée dans un espace valide pour 30 minutes à côté du pavillon De Koninck. Je la reprends pour aller au PEPS, alors que je sais très bien que le stationnement est gratuit à partir de 16:00. Je m'entraîne, reviens et, comme vous l'aurez sans doute deviné, un beau cadeau m'attendait entre l'essuie-glace de gauche et le pare-brise. Une putain de contravention de 42$ déposée par l'agent de la paix Luc (que j'envoie c**** ici d'ailleurs). Mais c'est pas le meilleur : elle est apparemment justifiée par le fait que je me serais garée de 15h54 à 16h sans vignette.
Alors je me ferai un beau cadeau de Noël de contester le tout.
Joyeuses Fêtes à tous (sauf Luc).

jeudi 30 octobre 2008

Je pouvais bien redouter ce moment...

La neige qui tombe.
WRAAAAAAAAAAAAAAH! Mais c'est impossible!!!
Si on est pour en avoir plus de 600 centimètres, ça pourrait au moins commencer plus tard et tomber tout d'un coup, non? Je suggère même entre le 1er décembre et le 1er janvier, tiens!
Mais je dois vous avouer que je me suis laissée prendre au jeu du ha-mais-c'est-ti-pas-cute-des-tits-flocons-tout-moelleux-tout-doux-qui-tombent et du ha-mais-c'est-ti-pas-romantique-chéri-viens-on-va-aller-prendre-une-marche, jusqu'à ce qu'effectivement, je sorte dehors pour me rendre compte que c'était humide, dégueulasse, que ça allait être comme ça jusqu'au 28 avril et mes souliers étaient déjà détrempés. Bref, gros fun...blanc et mouillé.
En fait, la neige, c'est vraiment une joie temporaire. On la sent arriver, on sacre à l'avance, mais quand on voit les premiers flocons, eh oui, on trouve ça mignon. On se dit qu'on va essayer d'apprécier l'hiver cette année, avec tout ce qu'il nous offre de précieux (les sports d'hiver et ensuite?). Bref, on a de la volonté, suffit de s'y mettre.
Personellement, je déteste au plus haut point tout ce qui se rapporte à la conduite automobile l'hiver. Par contre, j'aime particulièrement le ski (de fond et alpin), la raquette, la randonnée et les chalets qui sentent le sapin. J'adore les journées où il fait autour de -5 degrés Celsius et que le soleil plombe plus fort qu'en été.
Puis, je sais très bien que ce n'est pas tellement la température qui nous fait aimer ou pas une saison. Alors je sens que cet hiver, 600 centimètres ou pas, sera doux :)

Mais le moment de la première bordée n'est pas celui que je redoutais. Loin de là.
Je me suis fait... comment dire? Le terme édenter serait un peu trop évocateur. Je me suis fait charcuter! C'est bien le terme. Par une parodontiste! (Avouez que ça sonne maniaque!)
Donc, après des mois de souffrance contrebalancée par la peur de souffrir encore plus, je me décide à appeler chez la spécialiste que j'avais déjà consultée pour mes gencives (ma gencive descendait dangereusement en-dessous d'une de mes dents du bas, en avant). C'était la fin de semaine, donc, pas de réponse. Je me dis que je suis encore correcte pour une couple de semaines à pouvoir me préparer mentalement. Non pas que j'aie une peur bleue des dentistes et autres spécialistes du domaines, loin de là : j'ai porté des broches pendant plus de 18 mois et me suis fait extraire les 4 dents de sagesse d'un coup. Alors, amenez-en du dentiste...
Sauf que, surprise! On m'appelle le lundi pour me dire qu'une place s'est libérée le lendemain, 10 heures. Parfait que je pense, comme son bureau est situé à Sainte-Foy, je vais pouvoir partir directement pour Thetford Mines ensuite. Je me lève en pleine forme, mes bagages sont prêts et je démarre. En chemin, je me mets à passer ma langue sur mon absence de gencive. Et ça fait mal. Et je repense à ce qu'elle m'a expliqué qu'elle allait faire de ma bouche. Et ça fait peur.
J'arrive et m'annonce à l'accueil. J'attends juste assez longtemps pour lire un passage assez dégoûtant de 5150, rue des Ormes de Patrick Sénécal. Mmm, du bon sang frais. Bring it on.
-Mademoiselle Mercier-Tardif?
Mademoiselle? Mais ces gens ne peuvent qu'être délicats!
Je la suis en l'écoutant se présenter. Arrivées au bout du long, de l'interminable corridor couleur tan, elle me fait asseoir dans la pièce où le massacre se déroulera. Je ne fais que fixer la fille qui vient de se faire cockslapper par une boule de crème glacée trop froide sur un dépliant en face de moi. Et je m'accroche à cette vision comique pendant que la dentiste m'explique que je devrai suivre une diète molle (BEURK! c'est don ben dégueu dit comme ça!) et me mettre une poche de thé mouillée en guise de compresse si ça saigne toujours après 48 heures. Rassurante.
La parodontiste arrive enfin, me serre la main, et m'explique qu'elle va débuter par nettoyer ma dent. Tranquille.
On me tend des lunettes en plastique qui protègent en réalité le ¾ de ma figure. Est-ce que les instruments sont si dangereux que ça? Est-ce que le sang giclera de ma pauvre dent meurtrie à un point tel que j'en serai couverte?
Quand à elle, la parodontiste porte les mêmes lunettes, agrémentées de loupes-microscopes qui lui donnent un air savant fou futuriste. Étrange et pas très réconfortant. Je veux ma maman et de la soupe Lipton.
Donc, elle m'étire la lèvre inférieure pour me passer un Q-Tip imbibé de gel gelant (!) sur la gencive inférieure et dans le palais, en haut, à gauche. C'est drôle et ça goûte bon.
C'est ici que bon prend relâche pour céder sa place à désagréable.
La parodontiste me pique avec une seringue dont l'aiguille doit bien mesurer 3 pouces. Ça pince mais ça passe. Nous sommes au dernier étage de l'édifice, il pleut à boire debout dehors, c'est gris et sombre dehors comme en dedans, je ne ressens plus rien du tout. L'effet anesthésiant de la réalité.
Et voilà donc que le fameux "nettoyage" commence. Il est effectué avec tant de douceur que même la dentiste est là pour éponger tout le sang qui dégouline de ma gencive et dont je goûte toute l'amertume. Heureusement, je ne ressens rien du tout. Ce qui fait que je vois, goûte et sens 10 fois mieux.
Ce que je vois m'horripile.
Des bouts de chair ou de je-ne-sais-trop-quoi sur ma bavette bleu, du sang en quantité industrielle qui devrait, par souci d'autrui, être redistribué à Héma-Québec, une odeur âcre qui flotte dans le bureau exigü et le fer chaud et liquide qui coule dans ma gorge.
Nettoyage terminé avec succès.
Passons aux choses sérieuses.
La parodontiste m'ordonne de me pencher la tête vers l'arrière et d'ouvrir bien grand. Ça y est. Elle pointe son scalpel et fait des dessins imaginaires sur mon palais. Et passe à l'attaque.
AYOOOOOOOOOOOOOOOOYE.
Je ne sens rien, c'est vrai. Mais la dentiste se retourne et appuie directement sur le trou béat pour y appliquer une pression qui cesserait le JET DE SANG QUI EXPLOSE DE MON PALAIS!
Maintenant que la parodontiste tient le précieux bout de palais BEUUUUUUUUURK qui couvrira ma gencive descendue, ELLE LE POSE SUR MA BAVETTE BLEUE! PUTAIN, qui nom de Dieu qui a besoin de voir une telle abomination? Je me sens incapable de respirer, j'ai un doigt enfoncé jusqu'à la 3e phalange dans le gosier, un morceau de mon palais ensanglanté gît sur une bavette bleue et je vois le reflet de toute cette scène grotesque dans les lunettes affreusement épeurantes de la parodontiste folle!
Je reprends mon sang froid. On doit me faire des points de suture dans le palais, je vais donc avoir plus d'un doigt enfoncé dans la bouche. Je respire calmement, ça va mieux. Je me rends compte que la parodontiste est assez experte en ce qui a trait à la couture, mais bordel, fallait-il vraiment qu'elle utilise du gros fil noir comme ça? On m'avait recousue avec du fil désintégrable et transparent lors de l'extraction de mes dents de sagesse, pourtant.
Bref, la parodontiste place avec précision le bout de palais mou sur ma gencive de devant et y va encore de ses talents d'aiguilleuse. C'est fascinant à voir, comment elle enroule le fil pour tourner et ensuite le replacer, mais... toujours aussi horripilant.
Ça aura pris 35 minutes.
Et je peux vous dire que les parodontistes sont payés cher la minute.
Je rentre chez nous avec une carte Visa, une gencive et un palais souffrants.
J'ai eu de la difficulté à conduire, ça tournait et j'avais la bouche enflée comme jamais.
Plus tard dans la journée, le téléphone sonne. On s'informe de ma greffe. Comme je viens pour répondre, ma bouche se remplit d'un quelconque liquide mais, vu que je suis encore gelée, je ne comprends pas sur le coup que c'est du sang. Quatre bons crachats, DE SANG! Beurk.
Et la dentiste qui m'avait affirmé que cette greffe-là, c'était de la petite bière comparativement à l'extraction de quatre dents de sagesse.
Si je pouvais rire, 48 heures après, dites-vous bien que je le ferais.

samedi 25 octobre 2008

Un voyage O centre de l'univers

L'envie me brûle jusqu'au bout des doigts. Ma paupière frémit de désir.

Comprendre que je peux être moi-même en entier, comme je le sens, quand j'en ai envie et toujours me sentir admirée. Voir se tenir debout devant moi cette personne à qui je peux tout dire, sans peur ni risque d'être jugée. Me peindre en bleu de la tête au bout des pieds et sentir l'orangé complémentaire à proximité. Constater l'ébahissement dans les yeux de celui qui me regarde et qui observe, amusé, mon imagination voguer joyeusement près du plafond.

Faire de l'effet. Être sous l'effet.
Sentir à chaque instant la passion filer de nos pores.
Se toucher en appréhendant plaisamment l'aurore.
Aimer, grandir, souhaiter.
Ne jamais craindre en donner trop et n'en pas recevoir assez.
Construire des mers et des mondes ensemble.
Goûter la beauté à chaque instant.
Voyager.
À deux s'émerveiller.

vendredi 24 octobre 2008

Sur le bon chemin

Je ne croyais plus en rien et ne comprenais surtout plus rien.
Le désespoir aura duré 48 grosses heures (de trop).
J'ai cherché la réponse; maintenant je me sens sur une bonne piste. J'ai parlé à quelques personnes, que j'ai sélectionnées bien entendu (on choisit toujours son conseiller paraît-il ;) et j'ai lu. Pas beaucoup, par contre. Pas dans la Bible, pas dans des vieux grimoires non plus. Je n'ai pas cherché LA vérité, j'ai cherché la mienne, et c'est pourquoi je me suis relue. Assez étrange, j'en conviens, mais tout m'apparaît si limpide à présent : c'est comme si mon subconscient m'avait fait écrire la réponse que je cherchais tant.
Cet article faisait partie de mon blogue précédent, qui consistait plus en de la création littéraire qu'autre chose. Je n'ai relu que cet article ce matin et j'y ai vu tout plein d'images.
C'est un peu pour cette raison que je le publie ici, mais aussi parce que l'autre blogue n'était pas si pire que dans mes souvenirs et certains articles méritent encore un peu d'attention (de ma part du moins :). En voici donc un premier :

En transit

L'aéroport grouille en grand au gré des milliers de gens.
Mon billet, seule réalité encore tangible en cet univers glissant, est toujours valide je crois. Je suis nerveuse et le plie, le froisse, l'origamise si bien que la destination n'y est plus lisible. L'heure de départ non plus d'ailleurs.
Tous les sièges me semblent mouvoir, moultes bouées. Je m'accroche à une, le temps de reprendre mon souffle après une course effrénée passée à chercher un terminal qui n'existe peut-être (pas) plus. L'aérogare m'apparaît fraîchement rénové (tout me semble bouger, changer, glisser).
Je défroisse la demeure que je tiens entre mes mains. Trouble sa quiétude en ouvrant sa porte, en soulevant son toit et en découvrant ses volets. Les plis, que mon subconscient m'avait doucement suggéré de façonner, ont laissé des traces sur ce bout de papier. Chiffon sur lequel plus rien ne se trouve : plus de fond ni de forme.
Que faire? Les gentils agents de bord me laisseraient probablement entrer dans un avion que je crois avec certitude être le mien, les préposés au comptoir des réservations de vols ont l'air si gentils; ils me laisseraient savoir mon numéro de vol j'en suis sûre, les chauffeurs de taxi qui attendent dans un autre monde, le leur, me mèneraient là oü j'en aurais envie, les jambes que je considère encore miennes me guideraient là-bas, et moi...
Et moi je reste ici, à m'accrocher sur un un banc, à repousser les échéances trop fatiganditiques.
Le genre d'échéance qui n'apparaît même plus sur un billet que je croyais tenir.

lundi 20 octobre 2008

Indécision, quand tu nous tiens

Ce n'est certainement pas la première fois que je me sens perdue face à une décision qui DOIT être prise.


Celle-ci ne se fera pas à la légère.


Je connais tous les trucs : se faire une liste des pours et des contres, se fixer une date de verdict, se commander une réponse avant une bonne nuit de sommeil et autres charlatanismes que je ne nommerai pas.


Cette fois-ci, rien n'y fait.


L'indécision, le noir, l'incompréhension.


Personne d'autre ne la prendra à ma place, c'est bien certain, mais le pire, c'est que je sens que personne d'autre ne peut m'aider ou me conseiller, parce que la situation m'appartient trop. Certains sont concernés, mais me laissent la voie libre, de sorte que je n'aurai aucun prétexte si l'envie me prenait un jour de me édfiler ou de mettre ça sur le dos de quelqu'un d'autre.


Calvaire.


Je vois du positif des deux côtés de l'avenue. Je me vois aussi tourner la tête bien souvent vers la destination que je n'aurai pas choisie.


Je me sais être capable de m'écouter, de suivre ce qu'on pourrait appeler un instinct (qui fait pas mal défaut ces jours-ci) pour aller vers ce qui préférable pour moi. Mais cette fois-ci, néant total. Aucune voix dans ma tête, aucune vision, même plus de rêves. Je suis seule avec moi-même et avec mes futurs remords.

samedi 18 octobre 2008

En temps de guerre

Mon pays est en guerre. Le vôtre aussi. Le Canada est en guerre!

Pourquoi ce fait m'effleure l'esprit? Parce que ses raisons sont en train de fuir à toute vitesse tout ce qui s'apparente à ma définition de logique.

De plus, je côtoie depuis peu une personne d'origine libanaise, qui m'a juré ne jamais vouloir accorder son vote au PCC. Pas de mélodrame, pas de liste de parenté disparue. Juste un regard vers la gauche, vers un passé souffrant qui criait un désir de se fermer les yeux à jamais sur l'effroi malheureusement trop visible.

Je ne comprends pas la guerre. En fait, non, ce serait mentir que de clamer ne pas comprendre la notion de "guerre", tout comme celle de "paix". De l'abstrait auquel je peux identifier d'autres mots.

"Paix" me parle beaucoup plus, probablement parce que je n'ai jamais expérimenté l'insécurité civile que j'attribue au phénomène de la guerre.

"Argent" est un concept, moins négatif bien entendu, qui a beaucoup de points communs avec "guerre" dans ma compréhension de l'existence contemporaine. Je comprends les motifs fondamentaux et les raisons historiques, mais c'est comme si je pouvais toujours trouver une défaite, un autre pourquoi pour que jamais ne se termine la discussion, pour avoir le dernier mot.

Imaginez un instant que le troc soit toujours en vogue. Finies les discussions autour de la mondialisation : les échanges commerciaux ne connaissent aucune frontière.

N'ayez crainte, je ne suis quand même pas réactionnaire au point de prôner le retour en force de "tes 15 poulets contre mon boeuf". N'empêche que cette façon de fonctionner me semblerait plus, disons, au service des gens que le contraire. Plus personnalisée, comme si on y avait mis un peu du sien. Tout le contraire de l'argent d'après moi. Impersonnel, il fait le tour de tout le pays et ne nous appartient jamais totalement, puisqu'il peut perdre toute sa valeur du jour au lendemain.

Je croyais ne rien comprendre à l'économie parce que mes oreilles se bouchent quasi-automatiquement dès qu'on prononce le mot dividende, intérêt ou tout autre se rattachant à ce lexique blasant. Néanmoins, après avoir fait mon premier travail de traduction version commerciale, je me suis rendue compte que j'assimilais plutôt bien le vocabulaire et même, les idées s'y rattachant.

Mais je mets tout ça sur le dos de l'hérédité.

Mes grands-parents ont tous, sans exception, été entrepreneurs à un moment ou l'autre de leur vie. Ma mère est travailleuse autonome dans le domaine des finances et a déjà possédé une entreprise, mon père gère son propre commerce et ma soeur fait dans le marketing. J'ai peut-être, moi aussi, une sorte de fibre entrepreneuriale. Ou je peux encore dire que je suis différente de tous les autres parce que je suis la seule de la famille à avoir les yeux bleus, et m'en sauver assez dignement.

Tout compte fait, je crois voir l'argent seulement comme un service qu'on me rend. Je travaille parce que j'aime bien mon travail, mais dans l'attente d'en avoir un vrai que je suis censée adorer (sinon j'étudierai toute ma vie). Tant que j'en ai besoin, il y en aura.

Utopiste? Certainement.

La guerre? Connais pas.

mercredi 15 octobre 2008

Espoirs civils et volatiles

Ça y est.
Minoritaire, mais ça y est quand même.
Les conservateurs retrouvent le pouvoir, sans trop d'obstacles sur leur chemin.
C'était à prévoir. J'aurai néanmoins fait mon gros possible pour éviter qu'on envoie des pré-adolescents en prison, qu'on banisse à jamais le projet de loi sur la décriminalisation de la marijuana, que Kyoto reste un mot étranger et inintelligible et surtout, qu'on dilapide des milliards et, plus important, des vies, des esprits, des pères se faire massacrer pour, concrètement, absolument rien.
Du moins, j'ai appris hier lors d'une panne d'autobus
*Le 387 est, sans aucune raison apparente, tombé en panne hier sur Robert-Bourasse, juste après la sortie très traître de l'autoroute 440. On a attendu près d'une heure qu'un autre vienne nous chercher sous la pluie battante. Résultat : je me suis mise à jaser avec une fille d'à peu près mon âge qui s'était assise à côté drepe moi. S'applique ici le même principe que celui de la réunion de groupes sanguins similaires (dont je n'ai compris les explications que quand la pratique est venue ;) : on s'est mises à parler de tout et de rien, de nos programmes, de mon nouveau et de son quartier natal, etc. Bref, j'ai su*
que Josée Verner avait quand même accompli quelque chose lors de son premier mandat dans notre comté. Je suis un peu moins déçue d'elle, mais j'ai hâte de voir pour son chef.
Passons.
Je suis aujourd'hui allée chercher ma lettre d'acceptation de l'Universität des Saarlandes. Elle m'attendait, sur une étagère du Bureau International de l'Université Laval, depuis environ deux mois. J'attendais une date précise, pour être certaine de l'avoir en main au moment voulu. J'ai hésité avant de comprendre pourquoi je voulais y aller, et c'est pour cette raison que j'ai reporté mon départ. Parce que oui, en ce moment, j'aurais déjà un mois de bagage germanophone dans le cerveau. Malheureusement, ou heureusement dans certaines occasions et peut-être bien celle-ci, je suis une investigatrice pure et dure qui cherche le pourquoi du pourquoi. Et pourquoi je voulais aller en Allemagne un an? La connaissance de la langue, de la culture, et d'un peuple que j'admire bien sûr. L'expérience de vie que j'aurais acquise après mon séjour. Mais en-dehors de toutes ces raisons assez rationelles, est-ce que je ne cherchais pas autre chose? Au départ, j'y allais pour prolonger en quelque sorte mon voyage de 2007, durant lequel j'ai visité 15 pays d'Europe. J'y allais également dans l'espoir de revoir des endroits que j'avais appréciés et des personnes qui m'avaient promis être là. Mais ces personnes sont parties, et les endroits y resteront ad vitam eternam. Est-ce que j'avais quelque chose à prouver? Peut-être qu'en partant un an, je me prouvais encore capable d'être seule et d'affronter par moi-même tout ce à quoi je serais exposée. Par contre, après deux séjours de trois mois, dont un passée à peu près seule (du moins mentalement), je réalise que si j'ai encore quelque chose à prouver, ce n'est certainement pas à moi-même. Est-ce que je voulais fuir quelque chose, ou quelqu'un? Peut-être. Mais ma vie a considérablement changé depuis un an, ma façon de voir les choses et les autres également. Les ennemis, aussi bien que les amis, sont partout. Nos démons, aussi bien que nos bonheurs, nous suivent et se découvrent là où l'on décide.
Si bien qu'après toutes ces réflexions, en ce 15 octobre (non, je ne l'écris pas sur Facebook, mais ici pour toi ;), je suis prête à lever l'ancre une autre fois pour un périple nouveau que je souhaite aussi enrichissant que les précédents.

lundi 13 octobre 2008

Jour X demain

L'indécision m'envahit.
Mon coup de coeur ou la stratégie?
Tout se joue ici.
J'ai toujours aimé Jack Layton. Je le trouve néo-colombiennement sympatique, avec un petit quelque chose qui me dit de lui faire confiance. Les idéologies de son parti correspondent pour la plupart avec mes valeurs (environnement, paix, santé) et le plan qu'il propose, s'il était suivi à la lettre, ferait du Canada un pays comme j'en rêve : neutre, amical, accueillant. Un peu comme l'Australie et les pays scandinaves.
Ce qui peut se résumer par : je ne veux pas que Stephen Haper ait le pouvoir total. Je suis consciente que les chances qu'il soit encore élu sont assez hautes (à moins d'un revirement total de situation ou d'une quelconque faveur des Dieux à l'égard de Stéphane Dion), mais celles qu'il soit encore minoritaire le sont aussi.
Voici donc la situation dans mon comté (Louis-Saint-Laurent) : Josée Verner pour le PCC, France Gagné pour le BLOC, Alexandrine Latendresse je crois pour le NPD et total inconnu pour le PLC (de toute façon, je ne crois pas tellement à ce parti, ni à ses candidats finalement). Si on résume, Mme Verner semble avoir toutes les chances de gagner, sauf si la population de Loretteville et les environs se décide pour un mouvement de masse contre le PCC et vote BLOC.
Si j'y allais avec mon coeur, je voterais NPD. Si j'écoutais ce que me dictent mes valeurs, je voterais NPD. Si le Canada était doté du système présidentiel et qu'on élisait un chef au lieu d'un représentant, je voterais Jack Layton sans hésiter. Si j'avais vu la candidate NPD de mon comté se manifester et si j'étais certaine de son nom, alors je voterais pour elle. Mais tel n'est pas le cas.
Mercredi dernier, conférence de Gilles Duceppe à l'Université. Pourquoi pas? Il est plutôt bon communicateur, je ne connais pas beaucoup son plan, j'y vais. La conférence est à 11:30 et mon cours une heure plus tard, donc je m'assois à proximité de la porte. Il entre, tout souriant, descend la première marche. Je me retourne pour le voir, il me donne un regard franc et me serre la main. Déjà là, je dois vous avouer que ça aide de savoir qu'un chef a une poignée de main ferme et un regard sincère. Il monte sur scène, présente ses candidats et, ma foi, France Gagné (c'est un homme en passant) me semble fort sympatique. Tout souriant, il regarde la foule avec un air béatement heureux. Ça part bien.
J'ai toujours clamé haut et fort que je ne voterais JA-MAIS pour le Bloc, que leur parti n'en était pas un et que leur souverainisme me puait au nez. J'adhère toujours au dernier point mais remets toutefois en question les deux premiers. Voter Bloc est une stratégie. Oui, je comprends parfaitement que, même s'ils obtiennent la majorité des sièges du Parlement accordés à la province de Québec, ils demeurent une minorité. Mais une minorité qui a le pouvoir de voter contre une motion de 45 milliards de surplus pour le non-retrait des troupes en Afghanistan.
Qui sait, peut-être un jour on créera l'alliance parfaite entre le Bloc et le NPD? D'ici là, je médite sur le choix de mon X.

samedi 11 octobre 2008

Mon nouveau blogue =D

Bonjour bonjour,

Je suis maintenant l'heureuse propriétaire d'un nouveau blogue. J'ai déjà essayé d'en tenir un, pour m'inspirer et créer, mais je le trouvais un peu trop inaccessible (moi-même je ne comprenais pas toujours tout ce que j'y écrivais).

Comme je suis une personne assez peu loquace, j'ai décidé d'écrire les histoires que j'ai à conter, parce que je me suis rendue compte que j'observe les péripéties se dérouler dans ma vie sans trop en parler. De plus, ce type de texte me donne l'occasion d'écrire autre chose que de la poésie et des débuts de romans vains.

BREF!

Je suis actuellement au 6515 boulevard Wilfrid-Hamel, Québec. Je travaille à l'hôtel Time's à temps partiel comme agente à la réception. En réalité, je n'agence et ne reçois rien du tout. Mon travail consiste en du pur service à la clientèle. Toutefois, attention : pas de place pour le je-m'en-foutisme ou le laisser-aller propre à certains employés de boutiques quelconques (de golf, par exemple). Et vous l'aurez deviné, si la clientèle se fait inexistante, le service le devient. C'est pourquoi je suis assise, rivée à mon écran, à conter ma vie :)

En-dehors des aventures palpitantes (que vous aurez, bien entendu, l'occasion de lire) que m'offre cet emploi, j'en suis à ma deuxième année d'étude au baccalauréat en traduction à l'Université Laval. Je crois avoir clamé jusqu'à l'âge de 18 ans que jamais je ne fréquenterais cet établissement. Je détestais la grisaille qui planait entre les bâtiments bétonnés, mais la raison principale résidait surtout dans le fait que l'Université Laval se trouvait dans une ville que j'exécrais. Quel excellent motif que celui des études pour enfin, pouvoir partir!

Enfin pouvoir partir. Être ultimement capable de lever l'ancre. Appuyer de toutes ses forces sur l'accélérateur, les yeux souvent fermés. Sauter le plus haut possible pour atterrir, pieds fermement joints, sur un autre tremplin.

À cet instant précis, je me trouverais à Saarbrücken, Allemagne. Qu'est-ce que j'y ferais? Serais-je vraiment là-bas? À y voir quoi?

À trop regarder par la fenêtre, on oublie souvent que la route, tout comme le vent, peut elle aussi tourner.