lundi 2 février 2009

Le contraire de vivre

J'ai toujours cru que j'étais née à la mauvaise époque parce que je trippais sur le rock des années 1970. Si je peux avoir une vue d'ensemble sur ce qu'était la musique dans ce temps-là et autant l'apprécier, c'est que je me trouve au bon endroit au bon moment. Cependant, si j'aime la musique mais ne comprends pas l'esprit des années 70, faute d'y avoir vécu, est-ce que je peux réellement en aimer l'essence?

Foutaises.

C'est en écoutant mon 45 tours de Pink Floyd, Dark Side of the Moon, que je me mets à rêvasser, étendue sur mon lit que je devrai bientôt payer, dans une chambre que je devrais bientôt quitter, dans un corps qui un jour me laissera tomber.

Le matin est le moment de la journée où mes idées sont les plus claires. Si j'ai une décision à prendre, je sais que la réponse me viendra d'instinct directement à mon réveil. À l'opposé, le crépuscule correspond à ma phase la plus floue. Je divague, je déprime, je n'ai plus le goût de rien faire.

Ce n'est pas mourir.

Le contraire de vivre n'est pas de mourir. Le contraire de vivre, c'est se lasser, se laisser, s'enliser. C'est être fatigué, se trouver à cheval entre deux états d'esprit complètement différents mais hésiter de peur de ne pas se sentir vrai, ne plus avoir envie de rien, être déçu de tout et de tous, soi compris.

Le réveil sonne pour me sortir d'une phase sans songe ni même sommeil au son d'une chanson poche des années 80. Qu'est-ce qu'ils ont fait pour sombrer si radicalement après un décennie aussi géniale?

Ma main est lourde, trop lourde pour s'élancer et tuer le vacarme. J'ai sommeil mais je suis trop fatiguée pour dormir.

J'ai envie, mais je suis trop vide pour vivre. Demain peut-être.

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