lundi 18 mai 2009

D'un souffle continu

On dirait qu'à un certain moment durant l'année, un parfum qui semblait n'appartenir qu'à la précédente nous envahit ou nous dépossède, c'est selon. À grosso modo pareille date l'an dernier, j'étais assise sur l'herbe dans le grand axe de l'Université et je me baignais d'un rayon si doux et si fin que je le crus tangible.
Je le pris, l'embrassai de mes mains et me réchauffai de lui, l'enveloppant de tous mes sens insensés sans lui, lui qui les rougissait, les façonnait, les bordait, les émerveillait, les vivait. Puis j'eus chaud, très chaud, comme si mes bras que j'avais ouvert en signe d'infini m'avaient exposée, chair vive, à plus de lumière que mon corps fait de rétine ne pouvait supporter sans cligner, sans se fermer un tout petit peu.
Je pris alors le rayon de ma main gauche et me levai, grandie d'une force dont grandissent les dieux, pour accueillir le vent, celui du changement. Le bienvenu, l'attendu, le début, celui que je n'espérais même plus. Je me berçai de lui, savourai son souffle susurrant ses "C'est ici aussi, aussi, si" de celui si sûr de soi. Jamais je ne me lasserai, pensais-je.

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Ça, c'était une journée de 2008, banale comme tout, mais revue un an plus tard pour en faire un exercice d'écriture. Ce qui suit a été écrit à peu près à pareille date en 2007.


Amsterdam 1

Paisible et peinarde, j'entends le vent qui me virevolte. L'esprit du changement me guette, il est là tout près, je le sens. La vie n'attend qu'à être cueillie. Tant de vie devant moi qui se tend, s'étend éperduemment devant moi qui l'attend.

Des vélos colorés avancent.
Des vagues d'ivresse m'avoisinent.
Je voyage, seule préparation à un lendemain qui n'en portera plus le nom lorsque nous y serons.
Le vent m'enlace, me porte.
Le soleil est doux et me réchauffe. Que dire de plus sinon que la vie n'en est qu'au début. Le matin m'appartient, l'après-midi me bénit , le soir me borde sans décevoir.

.o0o. Doux flots faisant foi de finesse. .o0o.

Mes cheveux dorés au vent qui volent comme des milliers d'étoiles filantes en voyage vers l'envers. Les cieux en arrière-plan qui se mélangent; le jaune d'une nuit chaude à contempler les reflets de la lune aux abords d'un canal, le bleu mélodieux des mains entrelacées, le rose pur et doux d'une aurore que nous n'attendions plus.

Amsterdam, éphémère Amsterdam, sois photographe cette fois-ci afin que tes couleurs restent à jamais en vie.

2 commentaires:

brouss a dit…

Wow très bien écrit chérie :) Et comme tu peux le constater également, aujourd'hui est la seule des 3 journées (2007, 2008, 2009) avec peu de soleil et peu de chaleur :(

Amsterdam, je te verrai un jour! Et avec mon amour, en faire le tour!

Raphaëlle a dit…

Quitte à sonner vraiment quétaine, c'est la première année où je profite d'autant de soleil, de beauté et de chaleur.

Désespère pas mon chéri; on se planifie et on part vers le vieux continent dès qu'on en a envie :)