jeudi 14 mai 2009

Ich vermisse Deutsch!

Je m'ennuie de l'allemand, douloureusement.

Je m'ennuie de la langue, du peuple, du pays, des villes, de la littérature, des paysages et de plein d'éléments décousus qui sont tous un peu miens, mais enfin, tellement loin.

Je m'ennuie du sentiment de fierté que me procure l'élocution d'une langue étrangère, de cette langue-ci en particulier, parce qu'elle sonne si distinguée et élaborée à mon oreille. Ich liebe dich est un je t'aime plus amoureux, plus doux. J'adore la syntaxe de l'allemand et les structures de phrase qui en découlent; on ne peut interrompre notre interlocuteur à moins d'être sûr à 100% de notre coup car dans bien des cas, le sujet et/ou le verbe de la phrase se trouvent à la fin. Les sonorités profondes et puissantes des mots comme universums m'impressionnent, comme si elles suggéraient plus que le mot lui-même. J'en suis rendue au point où je m'ennuie même de mes cours de CEGEP! Je m'ennuie de ces longs mots pourtant si faciles à déchiffrer. J'ai envie d'écouter quelqu'un me lire les nouvelles, ou des nouvelles, en allemand. Je vais peut-être bien imiter une amie qui s'instruit en lisant Alicia en el paìs de las maravillas et choisir un conte pour enfants afin d'enrichir mon vocabulaire.

Je m'ennuie du peuple allemand. Je ne veux pas tomber dans la généralisation parce que du bon monde, il y en a partout, et des épais, il y en a partout aussi. J'ai tendance à favoriser les Allemands et Allemandes (peut-être le remarquez-vous déjà par mes adjectifs plutôt mélioratifs), non seulement parce que j'aime leur culture, mais aussi parce que je me sens toujours à l'aise entourée d'eux. Je trouve qu'ils ont, en général, de la classe et qu'ils sont ouverts d'esprit, mais encore là, peut-être suis-je seulement, et heureusement, tombée sur les bonnes personnes. Néanmoins, de tous les pays que j'ai visités en Europe, aucun ne m'a procuré ne serait-ce qu'un semblant du sentiment de sécurité et de bien-être que j'ai pu ressentir en Allemagne, et ce, dans n'importe quelle ville, de Cologne à Berlin, ou de Kiel à Munich.

Pourquoi alors, du coup, ces regrets d'un paradis dans lequel je n'ai pu baigner que de trop courts instants? Un groupe de petits vieux Allemands de passage à l'hôtel, tout simplement. L'espèce de reconnaissance humble dans tous leurs sourires, déclenchés par des riens en fait. L'éclair de gratitude dans leurs yeux quand on baragouine un danke ou un hallo. Leur chaleur humaine, réservée mais abondante. Je leur aurais parlé pendant des heures, même en cherchant le moindre de mes mots.

Deutschland. La prochaine fois, ce sera un aller simple je crois.

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